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Chemise « LUDOVIA 2007 »
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| Actualités, 11 juillet 2007 |
Le déploiement des ENT et la remise en cause du système éducatif français |
| Par Lucile Donnat, APP |
Une conférence-débat très enrichissante sur la question du déploiement des ENT a eu lieu le 5 juillet à l’université d’été LUDOVIA. S’ouvrant sur l’identité numérique, puis se poursuivant sur les problèmes du déploiement des ENT, elle s’est finalement tournée vers des questions plus profondes remettant en cause le système éducatif français. |
« Déploiement des ENT, un chantier entre disponibilité des ressources en ligne, services privés actuellement disponibles et ambitions des collectivités locales » : tel était le programme chargé de cette conférence. Le débat a finalement porté sur les usages timides de l’ENT et sur une réflexion sur le système éducatif en France.
François Duport, consultant e-education, était chargé de modérer cette table ronde, où le public était largement invité à participer. Il a voulu introduire le débat en interrogeant les personnes présentes sur leur utilisation d’Internet, le Web 2.0 et leur « identité numérique ». Un enseignant a tout de suite souligné la crainte qu’il avait de « perdre » les élèves à cause de l’écart qui se creusait dans les usages des jeunes et celles des adultes, en l’occurrence des enseignants. Cette crainte montre la perte de contrôle de certains enseignants face à la réalité numérique. L’ENT pourrait être justement un début de réponse pour permettre des usages en commun via un même portail.
Avant de parler du problème de l’usage, les intervenants ont souligné la difficulté de déployer un ENT. Pierre-Louis Ghavam du Conseil général des Landes, porteur du projet des Landes Interactives depuis 2001 qui équipe tous les élèves de 4e et de 3e et les enseignants d’un ordinateur portable, a apporté son témoignage sur les ENT. Malgré deux essais d’ENT (Argos), les collèges des Landes ne sont pas encore pourvus d’ENT en 2007.
Pour la région Midi-Pyrénées, l’expérimentation de l’ENT a eu lieu en novembre et décembre. L’ENT a été lancé en janvier 2007. L’objectif affiché est d’amplifier des usages qui existaient déjà. Mais pour l’instant, l’ENT de Midi-Pyrénées n’est pratiquement pas utilisé pendant les séquences pédagogiques. Le manque d’équipement serait-il la cause ?
La réponse est clairement non, pour M. Ghavam. L’expérience des Landes, qui dure depuis six ans, lui permet d’apporter son point de vue sur les usages et les équipements. Pour lui, les choses sont catégoriques : ce n’est pas une question d’équipement. Dans les Landes, les enseignants ne manquent pas d’équipement (tableaux blancs interactifs, ressources pédagogiques sur leurs ordinateurs portables, logiciels…), pourtant les usages pédagogiques laissent à désirer : ils ne sont pas aussi importants qu’ils pouvaient laisser l’espérer.
Et c’est là que se situe en réalité tout le débat : pourquoi les usages ne suivent-ils pas même si l’équipement est là ? Où est le problème ?
Philippe Portelli du CNDP, qui assistait à la table ronde, est alors intervenu pour accuser l’hermétisme du système éducatif français. Selon lui, l’Éducation nationale devrait s’ouvrir davantage sur l’étranger et observer ce qui se passe ailleurs. Il a, par exemple, cité le cas du Pays de Galles qui compte deux millions de personnes connectées à un livret de compétences. Il regrette qu’en France, il ne se passe rien et qu’il ne faille pas « sortir des sentiers battus ». Les enseignants sont privés de liberté dans leur pédagogie.
Le débat s’est ainsi poursuivi sur la nécessité d’une remise en question du système éducatif français. Les enseignants se sentent prisonniers du carcan éducatif. Les intervenants ont aussi souligné qu’il n’existait aucune éducation numérique à l’école en France, ce qui est un véritable problème à l’heure actuelle, car les conséquences sont là : il existe un décalage de plus en plus grand entre la vie civile et le système éducatif.
Cet écart qui se creuse entre l’école et la vie quotidienne est dangereux et met en question la crédibilité même du système éducatif français. L’école a du retard et ne suit pas l’évolution numérique de la société. C’est une situation de plus en plus préoccupante. Si le système éducatif français ne change pas, le retard enregistré sur d’autres pays va augmenter et l’Éducation nationale française va nécessairement perdre du crédit.
Le bilan du déploiement des ENT en France est donc assez négatif car les usages qu’ils devraient permettre ne suivent pas. Le système éducatif a été montré du doigt et doit pouvoir évoluer et donner plus de liberté aux enseignants.
Par Lucile Donnat, APP
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 | 22 août 2007françois Duport, Paris Je crois a posteriori que la difficulté d'implantation des ENT vient de la non prise en compte du territoire et de toutes ses composantes. L'ENT implique une école ouverte et en réseau. Or, c'est un changement de paradigme profond.
1/ l'identité s'ancre dans un territoire (la chambre de l'élève, la cour de récréation, MySpace et SkyRock). L'identité numérique n'est que le prolongement de cela.
2/ les non-connectés (20% de la population des 15 - 20 ans selon le CREDOC) cumule toutes les difficultés de l'e-inclusion (numérique et sociale). Cette population risque d'être doublement exclu sans l'intégration des usages.
3/ le territoire regroupe des points d'accès pour les populations qui ne possèdent pas d'internet à la maison. C'est un lieu de socialisation... Et les "jeunes" y vont pour des jeux en réseau en présentiel. Est ce qu'il ne faudrait pas ouvrir la gouvernance d'un projet ENT aux animateurs des points d'accès internet ?
4/ Le projet ENT, au delà des aspects techniques, peut permettre de faire un lien entre deux générations (Digital native vs Digital Migrant). Comment créer une communauté d'intérêt qui dépasse le cercle restreint des experts et des techniciens ?
De la stratégie de contournement pour faire évoluer une institution qui a des difficultés à muter... Préparer le terrain en utilisant la démarche des communautés de pratiques pour gérer ce type de projet... Le réseau étant plastique, il y a possibilité d'intégrer la communauté des professeurs, des parents d'élèves, des élèves qui peuvent avoir leur mot à dire. Ils utilisent les technologies au quotidien. C'est sans doute cela qui est difficile, c'est accepter d'ouvrir le coffre du moteur et de le faire à ciel ouvert, avec la participation la plus large possible et en acceptant la critique constructive.
Je suis plus optimiste que la conclusion de l'article. Le programme ENT date de 2001, après des expérimentations en 1999. Un changement sociétal prend 10 ans. On est au milieu du guet.  | 31 juillet 2007thomas toulemonde, saint girons merci d'insérer le commentaire que j'avais déjà mis en ligne au début du mois.
Le compte rendu nous donne un aspect négatif et une inertie importante du système éducatif, en particulier pour ce qui est de l'expérimentation en midi-pyrénées. Mon collègue de foix, également présent est d'accord avec mon commentaire.
Il ne rend pas compte
1/ de la durée de l"expérimentation (6mois)
2/ des contraintes techniques liées à l'expérimention, il y a des platres a essuyer lors d'une expérimentation et il ne s'agit pas de se lancer à tout va si tous les problèmes techniques ne sont pas résolus.
3/ Il s'agit d'utiliser tout nouvel outil informatique s'il apporte un plus au niveau pédagogique et non de rentabiliser un système existant sous prétexte qu'il existe. Dans ce sens différentes utilisations pédagogiques ont été développées lors du débat. Il est dommage qu'elles n'aient pas pu être montrées en réel. organisation et comptes rendus de stages en entreprise, préparation de sorties scolaires, lieu de création d'exposés, Travail ordinaire de classe....
5/ le travail à la maison utilisant l'ent ne pourra se faire systématiquement que si tous les élèves sont équipés et connectés. ce qui n'est pas le cas.
4/ Nous devons en effet nous interroger sur le phénomène des blogs et sur la modification sociétale qu'l représente. Sans doute l'ENT a-t-il un rôle à y jouer, mais il faut se rappeler que l'education nationale a quand même une fonction première d'apport de connaissance ou au moins d'apprendre à apprendre.
Il faut être attentif aux modes de reception de nos apports, mais attention à la démagogie.
5/ L'identité numérique autour de l'éducation nous concerne et c'est le sens de l'ent, l'identité numérique virtuelle qui est le bain dans lequel baignent de plus en plus nos élèves est d'ordre privée. Personellement, j'ai l'impression d'une perte de sens dans cette identité (msn, sms, ..... second life....). Espérons que nous pouvons les aider à trouver du sens à l'apprentissage, c'est le but de mon métier d'enseignant. | 11 juillet 2007Philippe Cagnon, Alès Il y a effectivement un réel décalage entre la vie de tous les jours et l'éducation nationale! Sont-ce les enseignants qui sont privés de liberté ou les enseignants qui refusent de devoir les prendre? |
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