Le lierre pose un problème que beaucoup de jardiniers sous-estiment jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Comment profiter de cette plante grimpante sans laisser son caractère envahissant prendre le dessus ? La réponse ne se trouve pas dans des produits chimiques ou des barrières souterraines coûteuses. Elle réside dans un calendrier de taille respecté et une méthode de contrôle régulière.
Car le lierre n’est pas une menace soudaine. C’est une conquête lente, méthodique, qui progresse de quelques centimètres par jour pendant la saison de croissance. Ceux qui l’ignorent finissent par découvrir qu’il a colonisé les arbres, les clôtures, les murs, sans bruit, sans précipitation.
Comprendre les deux visages du lierre
Le lierre (Hedera helix) développe deux types de tiges distincts. Les tiges grimpantes poussent vers la lumière et s’accrochent aux supports grâce à des racines aériennes. Ces racines sont des organes d’accroche, pas des organes de nutrition. Elles permettent à la plante de grimper mais ne lui apportent pas d’eau ni de sels minéraux.
Les stolons, eux, rampent au sol et s’enracinent à chaque nœud. Ces racines au sol sont véritablement nutritives. Chaque point d’ancrage devient une nouvelle plante capable de vivre indépendamment. C’est par les stolons que le lierre colonise les espaces, pas par les graines qui sont surtout disséminées par les oiseaux.
Calendrier des tailles
Février-mars : Taille de formation
C’est la période idéale pour une taille importante. La plante est en dormance, la sève ne circule pas. Vous pouvez couper drastiquement sans risquer de l’affaiblir. Cette taille structure la plante pour l’année : définissez les limites de croissance et éliminez les branches qui dépassent.
Mai-juin : Taille de contrôle
Après la poussée printanière, faites le point. Coupez les nouvelles pousses qui dépassent la zone définie. Cette taille est plus légère mais plus fréquente. Elle empêche la plante de gagner du terrain pendant la saison forte.
Septembre-octobre : Taille d’automne
Nettoyez avant l’hiver. Retirez les parties malades ou fragilisées. Cette taille prépare la plante à supporter le froid et limite les risques de maladies hivernales.
Techniques de taille
Outils nécessaires :
- Sécateur à lames franches (nettoyé avant usage)
- Élagueur pour branches de plus de 2 cm
- Gants épais (le lierre peut provoquer des irritations cutanées)
- Bêche ou sarcloir pour les stolons
Méthode de coupe :
- Coupez au-dessus d’un nœud ou d’une bifurcation
- Maintenez un angle de 45° orienté vers l’extérieur
- Éliminez les branches qui s’éloignent du support désigné
- Retirez les parties dénudées (sans feuilles)
Pour les stolons : ne coupez pas seulement au-dessus du sol. Il faut arracher les racines avec la binette ou le sarcloir. Une simple coupe laisse les racines qui repartiront.
Protection des supports
Les racines aériennes du lierre peuvent endommager les crépis fragiles, les joints de maçonnerie et les boiseries. Pour protéger vos murs sans interdire la plante :
Installation d’un treillage :
Installez un treillage ou des fils de guidage à 10-15 cm du mur. Le lierre s’y accrochera sans toucher le mur. Cette solution préserve la façade tout en permettant le feuillage décoratif.
Barrières physiques :
Pour empêcher les stolons de coloniser des zones interdites, installez une bordure en plastique ou métal 15 cm sous terre. Cette barrière bloque la progression souterraine des tiges rampantes.
Sources documentées : observations sur 5 ans de gestion de haies de lierre, fiches techniques de la Société Nationale d’Horticulture de France, retours d’expérience de jardiniers professionnels.
Mis à jour le 9 mars 2026





