Énergie et factures

Cheminée : ce qu’il vaut mieux brûler, et ce qui ne l’entretient pas

Aucune astuce à brûler ne remplace l’entretien d’un conduit. Un bois sec et adapté, une combustion correctement menée et des contrôles réguliers sont les moyens concrets de limiter l’encrassement.

Bois sec, seau métallique et brosse d’entretien devant un foyer éteint
Bois sec, seau métallique et brosse d’entretien devant un foyer éteint

Brûler des épluchures de pommes de terre, du romarin ou de l’encens ne nettoie pas une cheminée. Ces gestes peuvent parfumer brièvement la pièce ou entretenir une tradition, mais ils ne remplacent ni l’entretien de l’appareil ni le contrôle du conduit. Pour limiter l’encrassement, le plus utile est de brûler un combustible adapté, sec et non traité.

Une cheminée n’est pas un incinérateur domestique. Les déchets, les bois peints ou vernis, les emballages et les produits parfumés ajoutent des substances qui ne sont pas prévues pour votre appareil. Une combustion propre dépend surtout du combustible, de l’arrivée d’air, de l’usage conforme à la notice et d’un entretien régulier.

Pourquoi les « astuces à brûler » ne nettoient pas le conduit

La suie et les dépôts se forment dans un système qui comprend le foyer, le conduit et l’évacuation des fumées. Les faire disparaître demande un entretien adapté ; l’odeur dégagée par une plante ou une épluchure ne dit rien de l’état réel du conduit. Une cheminée peut sembler tirer correctement tout en présentant des dépôts qu’un simple feu ne permettra pas d’évaluer.

Les promesses de « ramonage naturel » sont donc trompeuses si elles donnent à penser qu’elles remplacent une intervention nécessaire. Elles peuvent surtout détourner l’attention de signes plus utiles : fumées inhabituelles, difficulté d’allumage, vitre qui noircit rapidement, odeur persistante, refoulement ou appareil utilisé en dehors de ses instructions.

Le bois sec change réellement la combustion

Le bois trop humide consomme une part de l’énergie du feu pour évaporer son eau, brûle moins bien et pollue davantage. L’ADEME recommande de ne pas utiliser immédiatement du bois dont l’humidité dépasse 23 % et indique un séchage d’au moins 18 mois après la coupe, à défaut des instructions du vendeur. Le bois doit rester à l’abri de la pluie, ventilé et sans contact direct avec le sol.

Pour les granulés, même logique : ils doivent être stockés au sec et utilisés conformément aux prescriptions de l’appareil. Un combustible de qualité ne rend pas un conduit propre par magie, mais il favorise une combustion plus régulière et évite d’ajouter de l’humidité ou des matières inadaptées au foyer.

Ce qu’il ne faut pas mettre dans le feu

Les bois récupérés issus de meubles, panneaux, palettes ou chantiers peuvent être peints, collés, traités ou vernis. Les documents de l’ADEME déconseillent de les brûler, tout comme les déchets tels que plastiques, emballages ou magazines : leur combustion peut dégager des substances toxiques ou corrosives et encrasser l’installation.

Les huiles essentielles, bâtons d’encens et végétaux aromatiques ne sont pas non plus des combustibles de chauffage conçus pour cet usage. Si vous cherchez une odeur agréable, traitez ce sujet séparément du foyer. Le feu de cheminée doit rester un feu simple, maîtrisé, alimenté selon les recommandations du fabricant.

Une cheminée ouverte reste un cas particulier

Le plaisir d’un foyer ouvert ne doit pas masquer ses limites. Le plan d’action national sur le chauffage au bois rappelle qu’une cheminée ouverte est source de gaspillage énergétique et a un impact important sur la qualité de l’air. Cette réalité ne signifie pas qu’il faut arrêter toute flambée, mais qu’il faut être particulièrement exigeant sur le combustible, la ventilation et l’entretien.

Ne réduisez pas volontairement l’arrivée d’air pour faire durer un feu couvant. L’ADEME explique que cette pratique augmente les polluants et l’encrassement, y compris avec des bûches densifiées. Si l’appareil est un poêle ou un insert, la notice reste la référence pour l’allumage, le chargement et les réglages.

Les vérifications utiles avant la saison : inspecter visuellement le foyer, retirer les cendres froides sans les disperser, contrôler l’état apparent des joints et de la vitre, vérifier que les entrées d’air ne sont pas obstruées, puis faire réaliser l’entretien requis pour votre installation.

Le risque de monoxyde de carbone impose de rester sobre

Le monoxyde de carbone est invisible, inodore et toxique. Le ministère chargé de l’écologie indique que les appareils à combustion peuvent en produire, notamment lorsque la combustion est mauvaise ou l’aération insuffisante. Maux de tête, nausées, fatigue ou malaise pendant l’utilisation d’un appareil à combustion doivent conduire à sortir, aérer et contacter les secours selon la situation.

L’entretien annuel des appareils de chauffage et une ventilation en bon état font partie des gestes de prévention cités par les pouvoirs publics. Ne bouchez pas les grilles d’aération pour garder la chaleur et n’utilisez jamais un appareil endommagé ou un conduit suspect sans avis compétent.

Ramonage : vérifier la règle qui s’applique chez vous

Les obligations pratiques peuvent dépendre du règlement sanitaire départemental, de l’assurance et du type d’appareil. Conservez les justificatifs d’intervention et demandez au professionnel ce qui est fait précisément. Ce document ne remplace pas la lecture des règles locales, notamment dans une copropriété ou une commune soumise à des restrictions sur le chauffage au bois.

La conclusion est moins spectaculaire qu’une astuce de grand-mère, mais plus sûre : ne brûlez que ce qui est prévu pour votre appareil, gardez le combustible sec, utilisez le feu dans de bonnes conditions et faites vérifier le conduit. C’est ainsi que l’on réduit réellement les dépôts et les risques.

Sources

Photo de profil de Christophe Lengay

Édition

Christophe Lengay

Éditeur d’Infobourg

Éditeur web depuis 2005 et éditeur d’Infobourg depuis 2016. Sur Infobourg, Christophe Lengay suit les changements d’énergie, de règles et d’équipements qui affectent les logements en France. Il distingue les faits établis, leurs limites et leurs conséquences pratiques.

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