Énergie et factures

DPE 2027 : dans notre simulation, 1 diagnostic sur 4 gagne une classe quand l’électricité domine

Sur 13 977 DPE établis entre janvier et août 2026, le nouveau calcul fait gagner une classe à 25,1 % des diagnostics où l’électricité représente au moins 95 % de l’énergie des cinq usages, contre 3,6 % des autres DPE de la simulation. Parmi les 1 263 diagnostics classés F ou G, 115 seulement atteignent E.

Une femme consulte des documents près d’un radiateur électrique dans son logement

Le profil qui ressort n’est pas simplement celui d’un logement équipé de radiateurs électriques. C’est celui où l’électricité représente au moins 95 % de l’énergie des cinq usages comptés par le DPE. Dans ce groupe, 25,1 % des diagnostics gagnent une classe dans notre simulation, contre 3,6 % parmi les autres.

Cette amélioration reste une modification du calcul : elle ne réduit ni la consommation réelle ni la facture. Parmi les 1 263 passoires F ou G testées, 1 148 le resteraient. Et si votre DPE est encore valide, cette réforme ne vous oblige pas, à elle seule, à payer un nouveau diagnostic.

Ces résultats décrivent les DPE retenus dans notre simulation. Ils ne prédisent pas le classement d’un logement précis et ne représentent pas l’ensemble du parc français.

Quand l’électricité domine, l’étiquette bouge beaucoup plus souvent

Le contraste est le résultat le plus net de notre calcul.

  • Parmi les 4 369 DPE où l’électricité représente au moins 95 % de l’énergie des cinq usages, 1 096 gagnent une classe, soit 25,1 %.
  • Parmi les 9 608 autres DPE de la simulation, 344 gagnent une classe, soit 3,6 %.

Parler de logements « chauffés à l’électricité » serait trop simple. Le DPE additionne le chauffage, l’eau chaude, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires. Un radiateur électrique visible dans une pièce ne permet donc pas, à lui seul, de prévoir la nouvelle étiquette.

Les taux varient aussi selon le type de diagnostic : notre simulation trouve 12,3 % d’améliorations parmi les DPE de maisons individuelles, 11,7 % parmi les DPE d’appartements réalisés individuellement et 4,1 % parmi ceux établis à partir d’un DPE d’immeuble.

Résultats de la simulation DPE 2027 d’Infobourg : 1 440 changements de classe simulés
Les 1 440 changements de classe simulés dans le périmètre analysé.

La facture ne baisse pas : c’est le calcul qui change

Le DPE ne reprend pas la consommation relevée sur les factures d’un foyer. Il estime une consommation conventionnelle, puis la convertit en énergie primaire pour produire la note énergétique. Pour l’électricité, cette conversion utilise aujourd’hui un coefficient de 1,9, qui passera à 1,7 le 1er janvier 2027.

La quantité d’électricité réellement utilisée par le logement ne change pas, pas plus que le prix facturé. C’est la valeur retenue dans le calcul qui diminue, ce qui peut rapprocher le diagnostic du seuil de la classe supérieure.

Deux limites empêchent une amélioration automatique. D’abord, le gain doit être suffisant pour franchir un seuil. Ensuite, la classe finale du DPE retient aussi la note liée aux émissions de gaz à effet de serre lorsqu’elle est plus mauvaise. Une meilleure note énergétique ne suffit donc pas toujours.

Le nouveau coefficient peut améliorer une étiquette ; il ne peut pas la dégrader.

Peu de passoires sortiront vraiment de F ou G

Notre périmètre contient 1 263 DPE classés F ou G. La simulation en fait progresser 167 d’une classe.

Mais progresser ne veut pas toujours dire sortir du groupe des passoires :

  • 115 DPE passent de F à E ;
  • 52 passent de G à F et restent donc classés parmi les passoires.

Au total, 1 148 des 1 263 diagnostics F ou G testés resteraient dans l’une de ces deux classes. La réforme peut faire franchir un seuil à certains logements, mais elle ne remplace pas les travaux qui réduisent réellement les besoins d’énergie.

Inutile de repayer un diagnostic uniquement pour cette règle

Un DPE établi après le 1er janvier 2027 utilisera directement le coefficient 1,7. Un diagnostic antérieur encore valide conservera sa date de fin de validité.

Si le nouveau calcul améliore l’étiquette, une attestation doit pouvoir être obtenue gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans nouvelle visite. Cette attestation expirera à la même date que le diagnostic d’origine.

Pour vous préparer, retrouvez dès maintenant le numéro et la date de fin de validité du DPE. Si vous êtes locataire, le document a normalement été remis avec le bail. À partir du 1er janvier 2027, seul le résultat fourni par l’ADEME permettra de savoir officiellement si l’étiquette est modifiée.

Ce que nous avons réellement testé

Notre point de départ comprend 18 253 enregistrements de DPE établis entre le 1er janvier et le 31 août 2026, tirés à partir du champ aléatoire fourni par l’API de l’ADEME. Nous n’avons téléchargé ni noms ni adresses.

Nous avons retenu 13 977 diagnostics après avoir écarté les surfaces de 40 m² ou moins, les cas d’altitude, certains systèmes énergétiques particuliers, les diagnostics qui ne seraient plus valides au 1er janvier 2027 et les lignes dont nous ne pouvions pas reproduire les consommations ou les étiquettes actuelles.

Nous n’avons modifié qu’une variable : le coefficient de conversion de l’électricité, abaissé de 1,9 à 1,7. Toutes les améliorations obtenues portent sur une seule classe.

Changement simuléNombre de DPE
D vers C594
C vers B337
E vers D242
F vers E115
B vers A100
G vers F52

Le script, la requête, les exclusions et les résultats peuvent être consultés sur la page consacrée à la méthode.

Ce que cette simulation permet — et ne permet pas — d’affirmer

  • Elle mesure l’effet isolé du coefficient 1,7 dans le périmètre décrit.
  • L’unité analysée est un enregistrement DPE, pas nécessairement un logement unique.
  • L’échantillon ne constitue ni un recensement ni une estimation représentative du parc français.
  • Les résultats ne prédisent pas l’étiquette d’un logement précis.
  • La simulation Infobourg n’a aucune valeur officielle. Seule l’attestation générée par l’ADEME pourra actualiser un DPE encore valide.

Sources

Photo de profil de Christophe Lengay

Édition

Christophe Lengay

Éditeur d’Infobourg

Éditeur web depuis 2005 et éditeur d’Infobourg depuis 2016. Sur Infobourg, Christophe Lengay suit les changements d’énergie, de règles et d’équipements qui affectent les logements en France. Il distingue les faits établis, leurs limites et leurs conséquences pratiques.

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